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Chercheurs des Caraïbes (septembre/octobre 2011)

Le 19ème congrès géologique de la Caraïbe, organisé par l’Université des Antilles-Guyane et l’IUFM Guadeloupe, s’est tenu au Gosier en Guadeloupe du 21 au 24 mars 2011. Jean-Jacques Cornée et Philippe Münch, fortement impliqués dans cette thématique, ont pris une part active dans l’organisation de cette manifestation.

Ce congrès bisannuel réunit les acteurs de toutes les disciplines travaillant entre les Bahamas, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale. Environ 120 chercheurs ont ainsi pu échanger leurs points de vue au cours des présentations et lors des excursions. Le congrès a plus particulièrement porté sur l’histoire de la plaque Caraïbe, les problèmes de subduction et de frontières de plaques, la pétrologie, la géochimie, le volcanisme, la tectonique active et les risques naturels, les processus érosifs et gravitaires et glissements de terrain.

Jean-Jacques et Philippe ont organisé une session « Plates-formes carbonatées et mouvements verticaux » et ont mené une excursion pour 32 participants sur les sédiments plio-quaternaires soulevés de l’île de La Désirade.

En outre, quatre exposés concernant les développements récents dans l’archipel guadeloupéen dans les domaines de la chronostratigraphie intégrée (40Ar/39Ar, paléomagnétisme et biostratigraphie), de la sédimentologie des plates-formes carbonatées néogènes et de la géophysique marine (sismique réflexion haute résolution et bathymétrie du bassin de Marie-Galante) ont été présentés. Une partie de ces résultats est issue des travaux de la thèse, actuellement en cours, de Lyvane De Min (co-direction Université Antilles-Guyanne et Géosciences Montpellier).

Les résultats nouveaux pour la partie GM sont de différents ordres : en ce qui concerne le socle de l’avant arc, la datation Jurassique supérieur des ophiolites du socle de La Désirade a été réalisée par radiolaires et en ce qui concerne la mise en place des plates-formes carbonatées, nous avons pu démontrer qu’elle était contemporaine d’une fragmentation précoce, intense, et différenciée de l’avant-arc de la plaque Caraïbe en Guadeloupe au cours du Pliocène. Cette fragmentation a conditionné la distribution et la géométrie des systèmes carbonatés plio-pléistocènes de tout l’archipel. Elle est mise en évidence aussi bien dans les zones émergées que dans le domaine offshore (éperon Karukéra). Si le timing des mouvements verticaux mis en évidence (soulèvement de plus de 250 m à La Désirade et effondrement de 2000 m de la partie Sud de l’éperon Karukéra) commence à être bien contraint, leurs causes ne sont pas encore clairement établies (passage de rides dans la subduction ? extension perpendiculaire à l’arc ? réactivation d’anciennes structures crétacées ?...). Enfin, contrairement aux travaux antérieurs, l’étude conjointe des plates-formes plio-pléistocènes et des terrasses coralliennes quaternaires soulevées indique que la surrection de La Désirade a débuté au Pléistocène inférieur et s’est poursuivie pendant le Pléistocène supérieur, sans aucun basculement vers l’ouest de l’île.

Un numéro spécial du Bulletin de la Société Géologique de France « CARIBBEAN GEOSCIENCES » sera consacré aux résultats du congrès. A cette occasion, GM fera le point des connaissances sur les systèmes carbonatés isolés de Guadeloupe (onshore et offshore) et traitera du rôle de l’héritage structural dans la structuration progressive de La Désirade.

Les résumés des communications et livretsguides sont disponibles sur : http://calamar. univ-ag.fr/cgc2011/